La nouvelle vie des bergers tibétains à haute altitude après la relocalisation

Publié le 2019-02-25 à 11:18  |  China Tibet Online

Viande de yak séchée à l’air libre, vin d’orge tibétain, thé au beurre, café, cocktails, etc... A l’occasion du Nouvel An tibétain, la table est remplie de plats traditionnels et modernes dans la maison d’un berger du site de démonstration de relocalisation écologique en haute altitude de Rongma, à 40 kilomètres de la ville de Lhassa.

Le 12 février, les trois générations de la famille du berger Cigong (premier à gauche) ont pris une photo de groupe pour commémorer le premier Nouvel An tibétain passé à Lhassa après avoir quitté la prairie.

A une altitude de plus de 5 000 mètres, le canton de Rongma, du comté de Nyima de la ville de Nagqu du Tibet, fait partie de la réserve naturelle nationale de Changtang. En juin 2018, afin de céder une partie de l'espace aux animaux sauvages de la réserve (tels que les antilopes du Tibet et les yaks sauvages), 571 bergers du canton ont déménagé dans le district de Doilungdêqên de la ville de Lhassa, à plus de 1 000 kilomètres de leur région natale.

Le site de démonstration de la relocalisation est situé dans la vallée de la rivière Tohlung, à une altitude d’environ 3 700 mètres. Le 12 février dernier (le septième jour du premier mois du calendrier tibétain), le peuple tibétain profitait encore de l’atmosphère du Nouvel An tibétain. Le soleil brillait dans l’après-midi, de la fumée sortait des cuisines pour s’élever depuis les cours de style tibétain. Accompagné par le rire des enfants, le journaliste y est entré et les bergers l'ont accueilli avec le Qiema (une mascotte du Nouvel An tibétain), du chang et du thé au beurre.

Tsering Tenzin, chef adjoint du canton de Rongma, a déclaré que la température la plus basse de cette saison dans les prairies du canton de Rongma est proche des -20 °C et que le vent souffle difficilement.

Dianre, père de Tsering Tenzin, a été doyen de l’hôpital populaire du comté de Nyima de Nagqu avant sa retraite. Du point de vue du médecin, le canton de Rongma est situé à une altitude élevée et son climat est défavorable aux longs séjours. Selon ses observations, la proportion de maladies de plateau telles que les maladies cardiaques de haute altitude, l’hypertension artérielle et la polyarthrite rhumatoïde chez les bergers locaux est élevée.

« Je devais prendre des médicaments contre l'hypertension lorsque je travaillais dans la région. Après, j'ai pris ma retraite à Lhassa. Maintenant, je n’ai plus à prendre de médicaments. » Dianre pense que la relocalisation du canton de Rongma est responsable de la santé des bergers.

« En plus de l’amélioration du climat, les conditions d’éducation des enfants se sont également améliorées ». Tsering Tenzin a ajouté qu’auparavant, il n’y avait pas de jardin d’enfants dans le canton de Rongma, le programme de l’école primaire du canton ne couvrait que les trois premières années d'école et que les enfants des bergers devaient se rendre dans le comté de Nyima, situé à plus de cent kilomètres, afin de suivre les trois années suivantes, puis l’école secondaire. Ils devaient se rendre encore plus loin pour aller au lycée.

Aujourd’hui, le jardin d’enfant est le plus beau bâtiment du site de démonstration de la relocalisation. En plus, il faut moins de dix minutes de marche pour se rendre à l’école primaire centrale du canton de Gurong et moins d’une heure pour arriver à l’Université du Tibet en voiture.

Le 12 février, les enfants jouaient à la maternelle du site de démonstration de la relocalisation écologique en haute altitude de Rongma, à 40 kilomètres de Lhassa.

Cigong, un homme âgé de 76 ans, a une famille de 11 personnes. Lors de son déménagement, la famille a reçu deux ensembles de cours tibétaines, chacun d'une superficie de 120 mètres carrés. « Quand on était dans le canton de Rongma, les conditions d'éducation étaient médiocres et les quatre enfants n’avaient pas accès à l’école », a déclaré Cigong. Actuellement, l'aîné de ses petits-enfants possède l'équivalent d'un diplôme universitaire et les quatre autres sont respectivement à la maternelle, au collège et au lycée. « J’espère qu’ils  pourront tous aller à l’université », a dit Cigong avec un sourire.

Les gardiens de troupeaux aillant déménagé sur le site de démonstration voient déjà des changements considérables : première utilisation du lave-linge et du chauffe-eau solaire,  première cuisine, premier apprentissage de compétences autres que le pâturage, première conversation tibétaine avec l’« accent de Lhassa » remplaçant l’« accent du comté de Nyima »...

Jiaoqiong, âgé de 49 ans, a déclaré qu’il s’était préparé à l’examen de conduite et travaillait dans les transports après le Nouvel An tibétain. N’ayant reçu aucune éducation auparavant, il s’est retrouvé coincé dans le processus d’apprentissage des connaissances théoriques lorsqu’il a passé l’examen pour le permis de conduire.

« J’ai obtenu 82 points lors du dernier examen, à 8 points des 90 points nécessaires pour l'obtenir ». Jiaoqiong a déclaré que l’obtention du permis de conduire était son objectif pour l'année 2019 et qu’il allait redoubler d’efforts.

(Rédactrice : Lucie)